Goma sous administration AFC/M23 : L’arme de la séduction fiscale p
Goma sous administration AFC/M23 : L’arme de la séduction fiscale pour légitimer un pouvoir parallèle
Par la rédaction économique — Publié le samedi 13 juin 2026
« Entre stratégie de normalisation et quête de légitimité, l'Alliance Fleuve Congo abat la carte de l'allègement fiscal pour s'attirer les faveurs du secteur privé à l'Est. »
À Goma, le conflit ne se joue plus seulement sur les lignes de front militaires, il se dispute désormais sur le terrain hautement stratégique de l'économie et de la gouvernance. Dans une tentative de stabiliser leur emprise et de projeter l'image d'une administration structurée, les responsables de l'AFC/M23 (Alliance Fleuve Congo) ont choisi de s'adresser directement au poumon financier de la région : les opérateurs économiques.
C'est à travers l'exercice feutré d'un « café fiscal », organisé ce vendredi 12 juin 2026 à Goma, que le mouvement rebelle a dévoilé sa nouvelle feuille de route financière, misant sur l'allègement fiscal pour séduire un secteur privé asphyxié par des années de crise.
Le duo de l'AFC aux commandes de la table ronde
L'événement, conçu pour rassurer et formaliser les relations avec les hommes d'affaires locaux, a été piloté par des figures clés de la branche financière de l'organisation :
• Mme Fanny Kaj Kayemb : Cheffe adjointe du département des finances de l’AFC/M23.
• Bahati Amani Chandrack : Vice-gouverneur du Nord-Kivu chargé des finances, de l’économie et du développement sous l'égide du mouvement.
Cet échange direct visait un triple objectif : recueillir les doléances et préoccupations des opérateurs économiques face au changement d'administration, clarifier les nouvelles dispositions fiscales en vigueur, et jeter les bases d'une collaboration renforcée entre le secteur privé et ces autorités de fait.
Les 4 mesures phares pour séduire les contribuables
Pour convaincre des acteurs économiques historiquement méfiants, l'administration de l'AFC/M23 a déballé un arsenal de réformes destinées à rompre avec les pratiques de tracasseries souvent reprochées à l'État central :
1. La centralisation des recettes : Instauration du paiement obligatoire au guichet unique de la CADECO afin de garantir une plus grande transparence et limiter les intermédiaires.
2. L'institutionnalisation du dialogue : Lancement officiel des « cafés fiscaux », qui se tiendront désormais mensuellement entre le département des finances et les chefs d'entreprise.
3. La lutte contre la corruption interne : Mise en place d’un numéro d’alerte baptisé « SOS contribuable », permettant aux commerçants et importateurs de dénoncer immédiatement tout abus ou tentative d'extorsion.
4. Le contrôle de rigueur : Renforcement des missions d’inspection pour s'assurer de l'application stricte des nouveaux tarifs allégés sur le terrain.
Une lune de miel tactique avec le secteur privé ?
Contre toute attente, l'ensemble de ces annonces a reçu un écho favorable. Les acteurs économiques présents à la réunion ont salué des mesures qui, sur le papier, allègent la pression fiscale immédiate et offrent une prévisibilité court-termiste à leurs activités.
Objectif de l'AFC/M23 Réalité du terrain
Séduction fiscale Offrir un répit financier aux commerçants pour étouffer la contestation populaire.
Gouvernance affichée Utiliser des institutions comme la CADECO pour mimer le fonctionnement d'un État souverain.
Légitimité politique Transformer l'allègement des taxes en un outil de propagande face à Kinshasa.
Derrière l'apparente technicité de ce « café fiscal » se cache une réalité politique évidente : en se positionnant comme un partenaire plus pragmatique et moins vorace que le gouvernement de Kinshasa, l'AFC/M23 cherche à acheter une paix sociale indispensable à la pérennisation de son pouvoir dans les zones sous son contrôle. Une normalisation par le portefeuille qui pose une question cruciale sur l'avenir de la souveraineté économique de la région.
Par la rédaction économique — Publié le samedi 13 juin 2026
« Entre stratégie de normalisation et quête de légitimité, l'Alliance Fleuve Congo abat la carte de l'allègement fiscal pour s'attirer les faveurs du secteur privé à l'Est. »
À Goma, le conflit ne se joue plus seulement sur les lignes de front militaires, il se dispute désormais sur le terrain hautement stratégique de l'économie et de la gouvernance. Dans une tentative de stabiliser leur emprise et de projeter l'image d'une administration structurée, les responsables de l'AFC/M23 (Alliance Fleuve Congo) ont choisi de s'adresser directement au poumon financier de la région : les opérateurs économiques.
C'est à travers l'exercice feutré d'un « café fiscal », organisé ce vendredi 12 juin 2026 à Goma, que le mouvement rebelle a dévoilé sa nouvelle feuille de route financière, misant sur l'allègement fiscal pour séduire un secteur privé asphyxié par des années de crise.
Le duo de l'AFC aux commandes de la table ronde
L'événement, conçu pour rassurer et formaliser les relations avec les hommes d'affaires locaux, a été piloté par des figures clés de la branche financière de l'organisation :
• Mme Fanny Kaj Kayemb : Cheffe adjointe du département des finances de l’AFC/M23.
• Bahati Amani Chandrack : Vice-gouverneur du Nord-Kivu chargé des finances, de l’économie et du développement sous l'égide du mouvement.
Cet échange direct visait un triple objectif : recueillir les doléances et préoccupations des opérateurs économiques face au changement d'administration, clarifier les nouvelles dispositions fiscales en vigueur, et jeter les bases d'une collaboration renforcée entre le secteur privé et ces autorités de fait.
Les 4 mesures phares pour séduire les contribuables
Pour convaincre des acteurs économiques historiquement méfiants, l'administration de l'AFC/M23 a déballé un arsenal de réformes destinées à rompre avec les pratiques de tracasseries souvent reprochées à l'État central :
1. La centralisation des recettes : Instauration du paiement obligatoire au guichet unique de la CADECO afin de garantir une plus grande transparence et limiter les intermédiaires.
2. L'institutionnalisation du dialogue : Lancement officiel des « cafés fiscaux », qui se tiendront désormais mensuellement entre le département des finances et les chefs d'entreprise.
3. La lutte contre la corruption interne : Mise en place d’un numéro d’alerte baptisé « SOS contribuable », permettant aux commerçants et importateurs de dénoncer immédiatement tout abus ou tentative d'extorsion.
4. Le contrôle de rigueur : Renforcement des missions d’inspection pour s'assurer de l'application stricte des nouveaux tarifs allégés sur le terrain.
Une lune de miel tactique avec le secteur privé ?
Contre toute attente, l'ensemble de ces annonces a reçu un écho favorable. Les acteurs économiques présents à la réunion ont salué des mesures qui, sur le papier, allègent la pression fiscale immédiate et offrent une prévisibilité court-termiste à leurs activités.
Objectif de l'AFC/M23 Réalité du terrain
Séduction fiscale Offrir un répit financier aux commerçants pour étouffer la contestation populaire.
Gouvernance affichée Utiliser des institutions comme la CADECO pour mimer le fonctionnement d'un État souverain.
Légitimité politique Transformer l'allègement des taxes en un outil de propagande face à Kinshasa.
Derrière l'apparente technicité de ce « café fiscal » se cache une réalité politique évidente : en se positionnant comme un partenaire plus pragmatique et moins vorace que le gouvernement de Kinshasa, l'AFC/M23 cherche à acheter une paix sociale indispensable à la pérennisation de son pouvoir dans les zones sous son contrôle. Une normalisation par le portefeuille qui pose une question cruciale sur l'avenir de la souveraineté économique de la région.
