Ituri : Le cri de guerre de la communauté swahiliphone face au nouvea

Ituri : Le cri de guerre de la communauté swahiliphone face au nouveau gouverneur Kasongo Muluba

Par la rédaction politique et des grands lacs — Publié le samedi 13 juin 2026

« Entre défiance radicale et ultimatum populaire, le nouveau chef de l'exécutif provincial de l'Ituri hérite d'une terre en ruines et d'une population qui refuse de tendre l'autre joue. »

C’est un texte d’une violence verbale inouïe, à la mesure du traumatisme que traverse la province depuis près de trois décennies. Le collectif Swahiliphone, qui se érige en porte-voix des victimes, des orphelins, des veuves et des rescapés des massacres à répétition à l'Est de la République Démocratique du Congo, vient de publier une mise en garde sans précédent.

La cible ? Le nouveau gouverneur nouvellement nommé, Son Excellence Monsieur Kasongo Muluba. Alors que ce dernier n'a pas encore posé ses valises à Bunia, le ton est déjà donné : la lune de miel n'aura pas lieu. Le peuple de l'Ituri l'attend de pied ferme, l'œil rivé sur ses moindres faits et gestes.

Une nomination sous le feu de la suspicion

Pour les signataires de ce communiqué, le parcours du nouveau gouverneur a été scruté à la loupe, de sa nomination dans les salons feutrés de Kinshasa à son passage symbolique par l'aéroport de Bangoka à Kisangani, jusqu'à ses premières prises de parole.

L’analyse de la communauté Swahiliphone est sans appel : le discours officiel ne prend plus. Ils affirment avoir décodé la position et la trajectoire de l'autorité provinciale avant même son entrée en fonction. Le diagnostic posé par le collectif est d'une gravité extrême, accusant le nouveau gouverneur d'arriver avec un agenda caché dicté par des officines obscures, visant à poursuivre la déstabilisation et les tueries qui ont transformé la Route Nationale 27 (RN27) en un immense cimetière à ciel ouvert.

Le rejet d'une "politique du sang" habillée en discours de paix

Le collectif Swahiliphone exprime un rejet viscéral et global des premières déclarations du gouverneur Kasongo Muluba. Qualifié de « langage de bois », le discours de la nouvelle autorité est perçu comme une énième tentative de pacification de façade.

Le communiqué dresse un inventaire macabre des zones de souffrance que la population refuse de voir perpétuer :

• Les foyers de l'horreur : Les villages brûlés à Djugu, les décapitations systématiques à Mahagi, et les massacres de masse dans les territoires d'Irumu et de Mambasa.

• L'axe de la mort : La complicité passive ou active des autorités sur l'axe routier hautement stratégique et mortifère de Makpo-Lingo.

L'Ituri se lève : Un rappel à l'histoire et un ultimatum clair

Rappelant que l'Ituri saigne de manière ininterrompue depuis le déclenchement des conflits en 1999, le communiqué sonne le glas de la résignation. « Nos mères n’ont plus de larmes, nos enfants ne connaissent que le bruit des balles », martèle le texte, affirmant que le peuple a désormais compris « le jeu » des nominations politiques déconnectées du terrain.

Pour éviter l'affrontement et prouver sa bonne foi, la communauté Swahiliphone impose une feuille de route immédiate au gouverneur Kasongo Muluba dès son premier jour à Bunia :

Les exigences du peuple iturien Les risques en cas d'échec

1. Désarmement immédiat et sans condition des milices locales et étrangères. La rupture définitive : Un rejet populaire total et une gouvernance impossible.

2. Ouverture sécurisée de la RN27 pour relancer l'économie et la libre circulation. Le jugement de l'histoire : Le poids politique et moral des futurs massacres lui sera imputé.

3. Justice transitionnelle et réparations pour les victimes, veuves et orphelins. La poursuite du sang : Le rappel mystique et moral que le sang des innocents poursuit les complices.

4. Retour sécurisé des milliers de déplacés internes dans leurs villages d'origine. La vigilance citoyenne : Une surveillance H24 par un collectif qui promet de ne plus dormir.

"Swahiliphone ne dormira plus"

La conclusion du communiqué sonne comme un serment de résistance. En proclamant « Nous sommes l'Ituri, l'Ituri c'est nous », le collectif Swahiliphone pose les bases d'une surveillance citoyenne active et radicale.

Monsieur le Gouverneur Kasongo Muluba est prévenu : en Ituri, les mots ne suffisent plus. Seuls des actes concrets de pacification et de justice détermineront s'il sera le gouverneur du salut ou celui de la déchéance. L'histoire et le peuple le regardent.

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